La REcyclerie, à la croisée de l’écologie, de l’économie solidaire et de l’économie circulaire

À mi-chemin entre le lieu de travail et le domicile existe un tiers lieu qui a posé ses valises dans l’ancienne gare Ornano , à deux pas des puces de Saint-Ouen : la REcyclerie.  Comme un clin d’œil à ce voisinage historique, cet hybride cantine bio - atelier de réparation – ferme urbaine - espace culturel est devenu un lieu de référence pour l’éco-responsabilité et fait vivre sa devise « Réduire, Réutiliser, Recycler ».

L’histoire commence par un appel de la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris. Ayant appris la vente de la gare par Réseau Ferré de France, elle nous propose d’y monter un projet culturel tenant compte des enjeux de mixité sociale, d’écologie urbaine, de convivialité et d’éducation populaire. Dès la première année d’ouverture, nous ressentons le besoin de nous appuyer sur un partenaire expert de l’environnement, qui donne du sens à notre démarche : Veolia accepte, dès le départ, de nous accompagner. Quatre ans et 60 salariés plus tard, la réussite est au rendez-vous… La REcyclerie fait partie du décor , comme si elle avait toujours été là.
 

Melting-pot et développement durable

Recyclerie poulallier

Étudiants, familles, SDF, hipsters, riverains… Tous se retrouvent au bar-cantine , le cœur de ce lieu de rencontres et d’échanges. Véritable poumon économique de l’endroit, c’est lui qui subventionne à 70 % l’association « Les amis Recycleurs », qui affiche 400 adhérents. L’association porte l’atelier de REné  où, moyennant une cotisation annuelle de 25 €, on peut emprunter des outils, faire réparer ou réparer soi-même des objets du quotidien. Elle anime également la ferme urbaine , couloir de 1 000 mètres carrés le long des rails où se dressent un potager collectif de 400 mètres carrés, un poulailler, un hôtel à insectes, des composteurs ainsi qu’une serre aquaponique  (la plus grande d’Île de France). Là cohabitent des poules qui se nourrissent des déchets alimentaires de la cantine, des vers rouges qui recyclent les déchets organiques, des canards gourmands de limaces… 

Et puis La REcyclerie, c’est également une programmation culturelle accessible à tous et gratuite. Au total, plus de mille événements liés à l’économie circulaire et à l’agriculture urbaine sont organisés avec l’appui d’une centaine de structures (start-ups, entreprises, collectivités, artistes, associations, écoles…) et fréquentés par quelque 250 000 personnes par an. Parmi les temps forts, notamment le cycle de conférences 2C  sur le thème de l’économie circulaire, destinées aux étudiants.
 

Prolifération des tiers lieux

La REcyclerie souhaite aujourd’hui dupliquer son modèle et partager en open source les clés de sa réussite. Car son approche innovante, moderne et ludique de l’environnement répond à une forte attente des collectivités locales et des citoyens. Encouragée par Veolia et avec l’aide d’Antropia, l’incubateur social de l’ESSEC Business School , l’équipe a démarré la rédaction d’un livre blanc. D’ores et déjà, 10 à 15 demandes sérieuses sont à l’étude, en région parisienne (Bobigny, Ivry…) et en province (Toulouse, Lille). Et pour aller plus loin, une école des tiers lieux va ouvrir ses portes à la Cité fertile de Pantin. Dès septembre 2017, elle formera des étudiants en médiation de projets culturels mais aussi des agents territoriaux, des promoteurs… L’aventure ne fait que commencer !

Recyclerie