L’eau, l’autre rendez-vous de l’agenda climatique

L’eau est une des premières victimes des changements climatiques. Ceux-ci altèrent la distribution des pluies dans l’espace et le temps, au point que, dans de nombreuses régions, le stress hydrique s’étend ou, à l’inverse, les inondations se succèdent. Au point que l’eau, qui était considérée comme une question en réel progrès, est redevenue une priorité pour de nombreux pays. Aussi un des enjeux de la COP 22, qui se déroule actuellement à Marrakech, est de redonner à l’eau sa juste place dans les stratégies d’atténuation des changements climatiques et d’adaptation à ceux-ci.

 

Jouer le binôme adaptation/atténuation

Atténuation d’abord, car l’eau, et plus particulièrement les eaux usées, peuvent devenir une source d’énergie renouvelable et donc réduire les émissions de gaz à effet de serre. Au-delà du cas bien connu de l’hydroélectricité, les calories des eaux usées peuvent être récupérées pour chauffer des bâtiments. Autre exemple, celui des stations d’épuration qui, demain, produiront de l’énergie au lieu d’en consommer.
 
Adaptation, ensuite. A Copenhague, pour réduire la vulnérabilité de certains quartiers aux inondations, nous avons rendu « intelligent » le réseau d’eaux pluviales, couplé celui-ci à un système d’alerte météo et élaboré des scénarios d’anticipation et gestion des crises. À Durban, ville fragilisée par un fort déficit hydrique, nous recyclons les eaux usées industrielles, ce qui préserve des ressources d’eau douce pour alimenter la population : quand sévit la pénurie, l’eau est une ressource trop précieuse pour n’être utilisée qu’une fois avant d’être restituée à la nature.

 
Milwaukee - USA

Traitement des eaux usées - Milwaukee, USA

Les ressources alternatives constituent une des principales armes pour faire face au réchauffement climatique et aux risques de sécheresse qui l’accompagnent. Beaucoup de villes ont multiplié les usines de dessalement d’eau de mer et de recyclage des eaux usées  pour affranchir leurs systèmes de fourniture d’eau de précipitations insuffisantes. La sécurité par la diversité, c’est ainsi que se caractérise leur politique d’adaptation. Une politique efficace, mais qui doit se doubler d’une politique d’atténuation aux changements climatiques. Car plus l’homme les aura atténués, plus l’adaptation à ceux-ci sera facile.

 

La qualité sans transiger

Namibie

Traitement des eaux usées - Namibie

La pollution rétroagit sur la disponibilité d’eau douce de qualité, et la rend plus rare. Avec à la clé des conséquences sur l’hygiène, la santé publique, la sécurité alimentaire, les écosystèmes. C’est pourquoi on ne peut dissocier le quantitatif du qualitatif, la lutte contre la rareté de l’eau de celle contre la pollution. Or beaucoup reste à faire dans ce dernier domaine : 40 % des villes méditerranéennes de plus de 2000 habitants ne possèdent pas de station d’épuration ; à l’échelle mondiale, 2,4 milliards de personnes n’ont pas accès à un assainissement de base. Prélever moins et assainir plus, économiser davantage et cesser de polluer, ce sont les chemins à suivre pour redevenir ami de l’eau… et du climat. 

Dérèglements climatiques, dérèglements hydrographiques. L’eau est un des secteurs les plus affectés par les évolutions du climat.  Certes, nous ne pouvons pas maîtriser celui-ci, mais nous pouvons économiser l’eau, nous pouvons la recycler, nous pouvons en extraire de l’énergie renouvelable. Dans la titanesque bataille en cours contre les changements climatiques, l’homme n’a pas dit son dernier mot !