Intégrer la filière assainissement pour construire la ville de demain

La Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, est consacrée cette année aux eaux usées. Belle initiative ! La question de l’assainissement longtemps oubliée des politiques publiques en matière d’eau est désormais au cœur des enjeux environnementaux et de développement. 

Au fil des Sommets du Développement durable — Rio en 1992, Johannesburg en 2002, Rio+20 en 2012 —, Veolia plaide pour que l’assainissement soit considéré comme une question cruciale, pour l’environnement et en termes de santé publique. L’accès à l’assainissement s’est greffé en 2002 au plan d’actions de l’ONU et a été intégré en 2015 l’un des 17 Objectifs du Développement Durable.

Cette prise en compte représente une victoire. En effet, pendant longtemps, le sujet de l’assainissement a été orienté par le sens du mot en anglais « sanitation » — et essentiellement concentré sur la question de l’accès aux toilettes individuelles, enjeu essentiel de dignité humaine des populations. Désormais, la problématique des eaux usées est envisagée comme une filière, intégrant les enjeux de collecte, de traitement mais également de réutilisation des eaux usées.

 

80 % des eaux usées ne sont pas traitées

Seul l’assainissement urbain peut réduire la menace que représente le rejet incontrôlé des effluents. L’absence de collecte et de traitement des eaux usées dans les grandes villes, notamment celles du Sud, crée de véritables bombes sanitaires dans ces territoires. 2,5 milliards d’individus ne disposent toujours pas de système de base. Par ailleurs, 80 % des eaux usées dans le monde sont rejetées dans le milieu naturel sans aucun traitement — 90 % dans les pays en développement, comme sur le pourtour de la Méditerranée —, faisant de la dégradation de l’environnement un enjeu majeur.

 

Le climat, accélérateur de prise de conscience

Durban

Les enjeux liés au climat et au développement urbain accélèrent le processus de prise en compte de l’assainissement, à la fois en termes de risques — le traitement des eaux pluviales s’est installé dans le débat par la force des phénomènes extrêmes — et d’opportunités — transformer les eaux usées en ressource dans des endroits en tension hydrique. En dix ans, la réutilisation des eaux usées a été multipliée par 4 dans le monde.

C’est ce que propose Veolia à Windhoek, en Namibie, où la population consomme de l’eau recyclée. À Durban, en Afrique du Sud, les eaux usées traitées sont utilisées comme eau de process pour les industries locales. À Ajman, aux Émirats arabes unis, les eaux usées de la ville sont traitées puis recyclées pour des usages municipaux (arrosage d’espaces verts ou de loisirs) et industriels.  Sans oublier les performances environnementales accomplies dans la gestion des eaux de process d’industriels comme L’Oréal et Danone.

 

Les eaux usées, source d’énergie

Hong Kong

L’approche de Veolia comme centre d’expertise sur la question de la ville, notamment en matière de gestion des ressources de proximité, favorise la promotion des enjeux d’économie circulaire. Or, l’assainissement revient dans le débat public dans une logique très circulaire de continuité du cycle de l’eau de la collecte des eaux usées des lieux d’habitation jusqu’à leur traitement puis leur réutilisation directe en ressource naturelle. Jusqu’à imaginer une station d’épuration génératrice de ressources nouvelles, parmi lesquelles des sources d’énergie, par la récupération et la valorisation des boues. Avec ses bioraffineries du futur — à Billund au Danemark, avec T-Park à Hong Kong  ou encore bientôt à Borås, en Suède  — Veolia en fait la démonstration à grande échelle.

Cette reconnaissance de l’assainissement en tant que filière par la communauté internationale démontre qu’au-delà des enjeux purement techniques, la gestion des eaux usées s’intègre comme un outil d’aménagement urbain, et contribue à la ville sûre et bienveillante que nous voulons.