Endiguer le dérèglement climatique nécessite une mutation systémique

Notre économie traditionnelle repose sur une chaine de valeur linéaire « prendre, produire/consommer, jeter ». Fort de ce modèle reposant sur l’hypothèse implicite de ressources illimitées, nous nous sommes essentiellement concentrés avec succès jusqu’alors sur la production et avons créé des richesses importantes. Nous avons cependant grandement ignoré et alloué peu de valeur économique aux deux extrémités de la chaine : les ressources naturelles et l’impact de nos rejets. La pression croissante sur les ressources stratégiques (des terres rares au phosphate ou à l’eau) ainsi que l’impact d’émissions polluantes comme celles liées aux gaz à effet de serre révèlent les limites du modèle linéaire. Comme par le passé dans le cas des CFC, nous espérons que face à la crise annoncée, l’innovation technologique va venir à notre rescousse sous forme d’énergies renouvelables, de véhicules électriques ou encore de capture et stockage du carbone. Or, l’urgence du changement climatique, dans un contexte de dynamique démographique forte, est telle que la technologie seule ne suffira pas et que nous devons envisager une évolution systémique plus profonde pour changer de dimension et passer du linéaire au circulaire.

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L’économie circulaire conduit en effet à sortir des silos traditionnels et à ouvrir des champs inexplorés de création de valeur issus de nouveaux modes de collaboration et co-construction qui sont indispensables à l’essor des solutions permettant un développement réellement durable. C’est dans l’action commune d’acteurs et activités fonctionnant jusque-là essentiellement en parallèle que réside le remède à nos maux climatiques. Si nous voulons décarboner l’économie, nous devons redoubler nos efforts d’innovation et de coopération, jusque-là improbables, entre acteurs et activités au niveau global comme au niveau local.

Compte tenu de son positionnement unique centré sur les trois ressources fondamentales (eau, énergie, matières premières secondaires), Veolia est l’acteur pivot engagé dans l’émergence de la dynamique d’économie circulaire. Nous développons ainsi de nouveaux modes de coopération sources de solutions innovantes permettant de « boucler de nouvelles boucles » via la récuperation et la valorisation des matières, la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou l'efficacité énergétique. Ces nouvelles dynamiques conduisent à sortir des modes de relation client-fournisseurs classiques pour créer des partenariats focalisant sur l’ouverture conjointe de nouveaux champs de valeur partagée. Au Havre par exemple, nous créons une passerelle entre deux industriels afin de faire du CO2 émis par l’un une ressource pour l’autre. A Milwaukee, nous évitons les émissions dans l’atmosphère issu d’une décharge et le valorisons électricité et en vapeur afin d’alimenter une usine de traitement des eaux usées et de produire des engrais organiques.
C’est en dépassant les silos classiques que l’on rend l’économie circulaire possible et que nous endiguerons réellement le dérèglement climatique. La transformation de Veolia avec l’intégration de ses trois métiers historiques est un engagement décisif en faveur de cette dynamique et s’exprime pleinement dans notre mission « ressourcer le monde ».

Economie circulaire
Face au défi de la rareté des ressources naturelles, le développement de l'économie circulaire présente des opportunités de croissance pour la planète
PLANET #JUIN 2014
Economie circulaire :
Utopie ou réalité ?
Ressourcer le monde
Pour passer d’une logique de consommation des ressources à une logique d’usage et de valorisation dans une économie devenue circulaire, nous concevons et déployons des solutions pour développer l’accès aux ressources, les préserver et les renouveler.