BiodiversiTerre, une opportunité ludique de s’interroger sur notre rapport à la nature

Après avoir créé Nature Capitale  en 2010 sur les Champs-Élysées et fait pousser un champ de blé sur la place Vendôme à l’été 2016 , je voulais à nouveau enchanter les Parisiens. Les 3, 4 et 5 juin 2017, je les invite à une promenade découverte des pratiques éco-responsables, entre la place de l’Étoile et la Porte Dauphine, à l’occasion de BiodiversiTerre,  un concept de végétalisation éphémère de l’avenue Foch.

Être artiste de rue est un acte politique fort. Dans l’espace public, le tagueur, le musicien ou l’organisateur de happenings que je suis ont quelque chose à raconter à leurs contemporains et une vision du monde à partager avec le plus grand nombre. La rue est un terrain d’expression d’une grande liberté — j’en suis l’acteur, le producteur, le metteur en scène… —, à la fois généreux, gratuit et accessible. Par ce biais, je veux m’adresser aux quelque 80 % de Français qui n’osent pas « pousser les portes » de la culture.
 

Place Vendome
 

Un rôle de passeur

Mon engagement pour la nature, je le dois à un arbre. Enfant, à Nancy, je jouais dans le parc de la Pépinière au pied d’un arbre plein de creux, idéal pour les billes et les petites voitures. À mes yeux, cet arbre ÉTAIT la nature dans toute sa poésie. Adulte, j’ai comparé l’arbre à l’Homme, avec ses forces et faiblesses. La nature n’a évolué qu’avec l’homme, elle ne serait pas ce qu’elle est sans lui. Pour autant, l’homme ne doit pas oublier la responsabilité qu’il a envers elle ni qu’il doit la protéger pour les générations futures.
C’est tout le sens de BiodiversiTerre, un moment où des acteurs industriels et de l’écologie et des collectivités locales montrent qu’ils réfléchissent autrement et œuvrent ensemble pour un usage raisonné et multiple des ressources, dans une économie plus circulaire. Je veux susciter une prise de conscience collective. Mon intention n’est pas de culpabiliser les gens, juste d’être un peu comme un passeur : « voici les messages, faites-en votre miel ! ». Des événements comme ceux que nous organisons — depuis les carnavals de Nice jusqu’à la COP21 et l’Arche de Noé Climat , en passant par la Grande Moisson des Champs Élysées et autre «Incroyable pique-nique » — ont pour seule ambition de donner des clés afin de trouver des réponses, de provoquer des connexions pour que les informations dialoguent. Plutôt qu’une écologie punitive, je suis pour une écologie contributive.

 

Une envie de « durable »

En ce week-end de Pentecôte, l’avenue Foch accueille plusieurs tableaux vivants autour du thème de la biodiversité et des rapports de l’homme à la nature dans sa vie quotidienne. Au programme : un labyrinthe unique au monde, formé par des balles de papier, une agora meublée de bottes de paille… plongent le visiteur dans un univers très rural, avant l’immersion en milieu plus urbain : Happy Vallée, jardin à la française ou encore atelier de rempotage. Au total, 6 écosystèmes sont recréés pour susciter une adhésion plus large aux nouvelles pratiques d’agriculture urbaine, aux circuits courts, au bio, au recyclage… 
Suite à BiodiversiTerre, et après trente ans d’actions éphémères, j’ai décidé de me consacrer à un projet pérenne : l’InfiniTerre. Une construction assez folle dans ses dimensions puisque je l’ai conçue comme un immeuble. Mes petits-enfants et le public pourront ainsi l’escalader durablement !

Nature Paris