Accord de Paris : une trajectoire et des espoirs

« Le meilleur accord possible dans la réalité du monde actuel »

Pour la première fois, en décembre 2015, à l’occasion de la COP21, un accord a été signé par l’ensemble des Etats contre le dérèglement climatique, l’Accord de Paris. Bettina Laville revient sur le contenu et les perspectives de cet accord.

« L’Accord de Paris est le fruit d’un long processus commencé dès la Convention Cadre de 1992. Ce qui a changé lors de la COP21, c’est que l’ensemble des Etats, pays développés et pays en développement, ont accepté de signer un accord commun, un accord universel.« L’Accord de Paris est le fruit d’un long processus commencé dès la Convention Cadre de 1992 . Ce qui a changé lors de la COP21, c’est que l’ensemble des Etats, pays développés et pays en développement, ont accepté de signer un accord commun, un accord universel.
 

Cet Accord engage chaque pays à prendre des mesures pour maintenir l’augmentation globale des températures en dessous de +2°C d’ici 2100. Or, pour être ratifié par l’ensemble des Etats, l’Accord devait être le moins contraignant possible afin d’être acceptable pour les pays les plus réticents à renoncer aux énergies polluantes. 

A ce titre, le refus du Congrès américain de ratifier le protocole de Kyoto de 1997 constitue un précédent édifiant. L’Accord a donc été divisé en deux : un Traité regroupant les engagements contraignants - même si aucune sanction n’est prévue - et une Décision qui regroupe toutes les mesures moins consensuelles. Parmi elles, l’obligation de financer, à hauteur de 100 Milliards $, un fonds destiné à aider les pays en voie de développement à mettre en œuvre des solutions d’adaptation et de résilience – un des enjeux majeurs de la COP 21.
Il est selon moi très dommage que le Traité ne mentionne pas le rôle de la société civile : entreprises, ONGs, collectivités locales, etc. 

L’Accord marque également un succès de la diplomatie française qui a porté tout au long de l’année 2015 les ambitions de la COP21  avec optimisme et détermination. Un grand travail a été effectué afin d’obtenir de chaque pays un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre : les fameuses contributions nationales. Ce qui constitue une véritable révolution dans certains pays… Mais le plus gros du travail reste à faire : constituer une méthodologie pour évaluer sur une base commune chaque contribution nationale avec pour objectif de rester sous la limite  des +2°C d’ici 2100. Or aucun rendez-vous contraignant n’a été fixé avant 8 ans, soit  2023 :  c’est bien tard pour évaluer si nous sommes sur la bonne trajectoire pour y parvenir.

Guyan Mestras


De plus, la communauté scientifique s’accorde à le dire : la période 2015-2020 est cruciale. Et aucun objectif chiffré à court terme ne figure dans le Traité . . En raison de l’actualité politique nationale de nombreux pays, l’année 2016 risque fort d’être une année blanche. C’est pourquoi j’espère que la publication du rapport du GIEC  en 2018 sur les conséquences d’un réchauffement planétaire supérieur à 1,5°C provoquera un sursaut.

Pour conclure, les catastrophes naturelles successives de ces dernières années et les pics de chaleur enregistrés il n’y a pas encore si longtemps, ont fait prendre conscience de l’urgence de la situation à la population et aux Etats. Le réchauffement climatique est désormais mis au rang des sujets de préoccupation mondiale. L’Accord de Paris est un accord de raison.  L’avenir nous dira s’il est aussi historique. »